zumeurs...

22 mai 2012

Bonjour tristesse !


Le désespoir est… assis sur un banc !

Prarapluie jolie

Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l′écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l′entendait pas
Il faut passer et presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l′écoutez
Il vous fait signe et rien personne
Ne peut vous empêcher d′aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez attrocement
Et l′homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s′envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.


Un poème de Jacques Prévert


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20 mai 2012

Ésotérique


Image et citation du… dimanche !
 
Mignonne

Ésotérique adj. Parfaitement occulte et particulièrement abscons. Les anciennes philosophies étaient de deux sortes, —  exotériques, que les philosophes eux-mêmes ne comprenaient qu’à moitié, et ésotériques, que personne n’a jamais comprises. Ce sont ces dernières qui ont le plus profondément marqué la pensée moderne, qui jouissent encore de nos jours d’un grand crédit.

Ambrose Bierce — Le Dictionnaire du Diable


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19 mai 2012

Parole d′évangile ?


Destrution… prévue !
 
Bateau ivre

— En 2011 après Jésus-Christ, Dieu visite Noé et lui dit:
— Une fois encore, la terre est devenue invivable et surpeuplée. Construis une arche et rassemble un couple de chaque être vivant  ainsi que quelques bons humains. Dans six mois, j′envoie la pluie durant quarante jours et quarante nuits, et je détruis tout !!!
 
Six mois plus tard, Dieu retourne visiter Noé et ne voit qu′une ébauche de construction navale.
— Mais, Noé, tu n′as pratiquement rien fait ! Demain il commence à pleuvoir!
— Pardonne-moi, Tout Puissant, j′ai  fait tout mon possible mais les temps ont changé.
— J′ai essayé de bâtir l′arche mais il faut un permis de construire
 et l′inspecteur me fait des ennuis au sujet du système d′alarme anti-incendie.
— Mes voisins ont créé une association parce que la construction de l′échafaudage dans ma cour viole le règlement de copropriété et obstrue leur vue.
— J′ai dû recourir à un conciliateur pour arriver à un accord.
— L′Urbanisme m′a obligé à réaliser une étude de faisabilité et à déposer un mémoire sur les coûts des travaux nécessaires pour transporter l′arche jusqu′à la mer. Pas moyen de leur faire comprendre que la mer allait venir jusqu′à nous. Ils ont refusé de me croire.
— La coupe du bois de construction navale s′est heurtée aux multiples Associations pour La Protection de l′Environnement sous le triple motif que je contribuais à la déforestation, que mon autorisation donnée par les Eaux et Forêts n′avait pas de valeur aux yeux du Ministère de l′environnement, et que cela détruisait  l′habitat de plusieurs espèces animales.
— J′ai pourtant expliqué qu′il s′agissait, au contraire de préserver ces espèces, rien n′y a fait.
— J′avais à peine commencé à rassembler les couples d′animaux que la  SPA et WWF me sont tombés sur le dos pour acte de cruauté envers les animaux parce que  je les soustrayais contre leur gré à leur milieu naturel et que je les enfermais dans des pièces trop exiguës.
— Ensuite, l′agence gouvernementale pour le Développement Durable a exigé une étude de l′impact sur l′environnement de ce fameux déluge.
— Dans le même temps, je me débattais avec le Ministère du Travail qui me reprochait de violer la législation en utilisant des travailleurs bénévoles.
— Je les avais embauchés car les Syndicats m′avaient interdit d′employer mes propres fils, disant que je ne devais employer que des travailleurs hautement qualifiés et, dans tous les cas, syndiqués.
— Enfin le Fisc a saisi tous mes avoirs, prétextant que je me préparais à fuir illégalement le pays tandis que les Douanes menaçaient de m′assigner devant les tribunaux pour “tentative de franchissement de frontière en possession d′espèces protégées ou reconnues comme dangereuses”.
— Aussi, pardonne-moi, Tout Puissant, mais j′ai manqué de persévérance et j′ai abandonné ce projet.
Aussitôt les nuages se sont dissipés, un arc-en-ciel est apparu et le Soleil a lui.
 Mais tu renonces à détruire le monde ? demanda Noé
— Inutile, répondit Dieu, l′administration s′en charge 

M′a été expédié par un ami !


 

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17 mai 2012

Poésie du jour !


Un beau… matin !
 
Fumer pas beau

Il n′avait peur de personne
Il n′avait peur de rien
Mais un matin un beau matin
Il croit voir quelque chose
Mais il dit Ce n′est rien
Et il avait raison
Avec sa raison sans nul doute
Ce n′était rien
Mais le matin ce même matin
Il croit entendre quelqu′un
Et il ouvrit la porte
Et il la referma en disant Personne
Et il avait raison
Avec sa raison sans nul doute
Il n′y avait personne
Mais soudain il eut peur
Et il comprit qu′il était seul
Mais qu′il n′était pas tout seul
Et c′est alors qu′il vit
Rien en personne devant lui.

Un poème de Jacques Prévert


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13 mai 2012

Rayures


Image et citation du… dimanche !
 
Mignonne

Qui n’entend à demi-mot n’y entendra rien du tout — Antoine Garaby de La Luzerne


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12 mai 2012

T′as d′beaux yeux tu sais !


Les enfants qui… s′aiment !
 
Éphélides

Les enfants qui s′aiment s′embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s′aiment
Ne sont là pour personne
Et c′est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage leur mépris leurs rires et leur envie
Les enfants qui s′aiment ne sont là  pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l′éblouissante clarté de leur premier amour.

Un poème de Jacques Prévert


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08 mai 2012

Histoire


Le roi des… serpents !
 
Mimétisme

Cette histoire se passe à une époque où, pendant la saison des pluies, la poussière s’élève en tourbillons et où, durant la belle saison, on ne peut se défaire de la boue. Le soleil brillait pendant la nuit et les étoiles pendant le jour.
Il y avait alors dans je ne sais quelle contrée, un chasseur fameux, du nom de Ovchi-Perim. A cause de son adresse étonnante, il était devenu le chef des chasseurs, mais, malheureusement pour lui, il connaissait très peu le Coran. S’il avait mieux connu la parole du Dieu de Mahomet, il aurait su que la femme doit servir son mari et que si elle ne se soumet pas à sa volonté, il a le droit de la morigéner et même de la battre. Au lieu de cela et quoiqu’on pût l’appeler un vrai Croyant et un bon Musulman, Ovchi-Perim obéissait si aveuglément à sa femme, la jolie Tuti, qu’elle faisait de lui tout ce qu’elle voulait.
Voici ce qu’il en coûta à notre chasseur.
Un jour, cela se passait soit pendant l’hiver chaud, soit pendant l’été froid, Ovchi-Perim grimpa au sommet d’une haute montagne, appelée Lialwara. Pendant trois jours, il poursuivit un troupeau de boucs noirs sans parvenir à les atteindre. Enfin, en rampant sur le sol, il arriva à leur portée. Il ne lui restait plus qu’à tirer ; tout à coup, levant la tête, il aperçut sur un rocher nu, deux serpents qui combattaient à mort. L’un était petit et blanc comme la neige et portait une couronne d’or sur la tête ; il était le plus faible et sur le point d’être vaincu par l’autre, un gros serpent noir.
Ovchi-Perim, sans qu’il sût pourquoi, éprouva une grande pitié pour le petit serpent blanc à la couronne d’or et, au lieu de faire feu sur un bouc bien dodu qu’il s’apprêtait à tuer, il visa le serpent noir et tira. A son coup de fusil, le troupeau de boucs que notre chasseur avait poursuivi pendant trois jours sur la montagne sauvage, fit un grand écart. La balle n’atteignit qu’indirectement le gros serpent noir et le blessa à la queue ; c’en fut assez pour l’effrayer et il laissa tranquille le petit serpent blanc.
Pendant ce temps, le troupeau de boucs avait disparu. Notre chasseur se gratta la nuque.
- Quelle malchance !
Il reprit sans hâte le chemin de la maison. Là, sa femme, la jolie Tuti, le reçut très mal :
- Où as-tu vagabondé si longtemps, fils de chien, lui dit-elle. Est-ce que tu t’es peut-être promené à califourchon sur une tortue ? Mais pourquoi — tes pieds puissent-ils devenir comme de la cire — pourquoi donc ne rapportes-tu rien ?
Ovchi-Perim raconta ce qui lui était arrivé dans la montagne.
- Je ne sais comment cela s’est passé, dit-il, mais le petit serpent blanc me faisait tant pitié que j’ai tiré sur le serpent noir pour le défendre.
- Parce que tu es un imbécile, tête de bouc ! reprit sa femme. Si seulement tu avais tiré sur le serpent blanc, tu aurais tout au moins pu m’apporter sa couronne d’or. Sur quoi donc t’es-tu apitoyé, pauvre cervelle de poule ! Tu n’es pas plus grand que le poing et ton cœur est comme une montagne.
Va-t’en maintenant te coucher sans manger.
Puis elle chassa son mari dans l’étable des bœufs.
Après minuit, à peine le coq eut-il chanté que, tout d’un coup, la porte de l’écurie s’ouvrit toute grande ; sept serpents ailés y pénétrèrent, s’emparèrent de notre chasseur endormi et l’emmenèrent vers une destination inconnue. La nuit était très sombre et on ne distinguait rien. Notre Ovchi-Perim marchait, marchait… Enfin, il s’aperçut que les serpents commençaient à descendre. Ils pénétrèrent en effet dans un souterrain et y conduisirent notre chasseur pendant sept jours et sept nuits, dans une obscurité telle qu’on y perdait la vue. Soudain, ils se trouvèrent à l’entrée d’une caverne si immense et si haute qu’on ne pouvait en apercevoir la voûte. Au milieu de la caverne, il y avait un trône d’or, autour duquel des serpents se tenaient dressés sur leurs queues ; ils étaient complètement noirs et l’on remarquait immédiatement que c’étaient là des serpents-bourreaux. Tout alentour, d’innombrables serpents tapissaient les parois de la caverne ; ils tenaient dans leurs bouches des pierres précieuses de couleurs différentes qui étincelaient à tel point que, jusque dans ses profondeurs, la caverne était illuminée comme par des milliers de petites lampes multicolores.
- Seigneurs, demanda en tremblant Ovchi-Perim à ses compagnons les serpents, où suis-je et pourquoi m’avez-vous amené ici ? Au nom de Dieu, je vous en prie, dites-le moi, car la peur me fait remonter le cœur dans la gorge et je voudrais mourir.
A ces mots, les serpents ailés qui jusqu’alors n’avaient pas prononcé une parole, tranquillisèrent Ovchi-Perim :
- Tu te trouves dans le palais du roi des serpents. C’est sur l’ordre de notre Tzar que nous t’avons enlevé et conduit jusqu’ici, car nous sommes ses ministres et ses courtisans. Mais ne crains rien, personne ne te fera de mal, car tu as sauvé la fille du Tzar en éloignant d’elle le méchant serpent qui voulait la tuer. Tout à coup, un grand calme se fit et du fond de la caverne apparurent encore d’autres serpents : les petits glissèrent les premiers, les grands à leur suite, tous deux par deux, chacun tenant dans sa bouche une pierre précieuse. Ils glissent, glissent en formant une chaîne sans fin. Derrière eux rampe un serpent énorme, presqu’aussi grand qu’un taureau, blanc comme de la neige ; il porte une couronne d’or sur la tête.
Le roi des serpents — car c’était lui — grimpa sur le trône, s’enroula en spirale et fit signe de la tête. Les serpents ailés saisirent Ovchi-Perim et le placèrent devant le trône du roi-serpent.
- C’est toi qui a sauvé ma fille unique et bien-aimée et ta récompense sera grande, dit le Tzar à Ovchi-Perim. Mais j’ai encore un service à te demander : c’est de reconnaître le malfaiteur, afin qu’il n’échappe pas à ma colère et au châtiment qu’il mérite. Ma fille ne le connaît pas et il n’y a que toi qui puisse nous le désigner.
Le Tzar ordonna alors que les serpents du monde entier défilassent à travers la caverne, devant le chasseur. Les ministres divisèrent par groupes tous les serpents de l’univers ; ils mirent à part tous les serpents noirs, mais Ovchi-Perim ne trouva point parmi eux l’offenseur de la fille du Tzar. Après les serpents noirs défilèrent les serpents gris, puis les bigarrés et à leur suite les, jaunes. C’est parmi ces derniers que notre chasseur reconnut le malfaiteur à sa queue coupée par la balle ; en vain le rusé serpent s’était-il enduit tout le corps de terre jaune : l’œil exercé du chasseur ne s’y trompa point. Ovchi-Perim le désigna au roi des serpents qui le livra aux bourreaux pour être condamné à une cruelle torture : ils retournèrent sa peau et y introduisirent des fourmis.
- O fameux chasseur Ovchi-Perim, demanda le roi-serpent, que faut-il te donner pour récompense ? … Veux-tu autant de pierres précieuses que tu pourras en emporter ou préfères-tu posséder le pouvoir de comprendre le langage de tous les êtres de l’univers, des bêtes et des oiseaux ?
Ovchi-Perim réfléchit.
- O Roi-serpent. dit-il, la chasse est ma seule jouissance et je ne recherche pas les richesses. Or, si j’ai de la chance à la chasse, il y aura aussi de l’abondance dans ma maison et comment n’aurais-je pas de chance si tu me donnes le pouvoir de comprendre tout ce que les bêtes se disent l’une à l’autre. Je préfère donc connaître le langage des bêtes.
- Qu’il soit fait selon ton désir. Mais ne laisse voir et ne dis à personne que lu possèdes ce pouvoir. Si tu divulgues ce secret, la nuit même, tu seras déchiré en petits morceaux par les bêtes sauvages. Puis le Roi-serpent toucha de sa langue les oreilles de notre chasseur.
Les serpents volants, vizirs du roi, reconduisirent Ovchi Perim dans le monde des vivants. Il arriva à grand’ peine à la maison. Là, sa femme, la jolie Tuti, l’attendait depuis très longtemps avec impatience ; elle lui demanda d’un ton irrité :
- Où donc as-tu de nouveau vagabondé, fils du diable… N’as-tu pas honte ? J’ai failli mourir de faim en ton absence. Ovchi-Perim raconta ce qui lui était arrivé et tout ce qu’il avait vu.
- Et que t’a donné le roi des serpents en récompense de tes services ? demanda la jolie Tuti.
Il s’en fallut de peu que notre chasseur laissât échapper son secret. Il mit heureusement à temps son poing sur sa bouche et répondit tranquillement :
- Il m’a récompensé… avec rien. C’est-à-dire… il m’a bien offert des pierres précieuses, mais je ne les ai pas acceptées. Qu’en aurions-nous fait ?
- Ane que tu es ! Fils de chien ! lui cria sa femme en colère. Depuis que je t’appartiens, j’ai très souvent eu faim ; plus d’une fois les voisins se sont moqués de moi parce que je ne suis habillée que de chiffons, comme une mendiante, et pour une fois dans ta vie que tu as l’occasion de t’enrichir, tu la laisses échapper ! Puissent les corbeaux te déchirer. Puisse la terre t’engloutir vivant !
- La jolie Tuti gronda, gronda… Il s’en fallut de peu que, dans sa colère, elle n’arrachât les yeux de son mari, qui lui échappa à grand’ peine et se sauva dans les montagnes pour chasser.
Ovchi-Perim avance. Mais qu’est-ce donc ? Il lui semble avoir de nouvelles oreilles et tout autour de lui paraît changé. Les insectes sous l’herbe, les oiseaux dans les arbres, les moutons dans le pâturage, tous s’entretiennent et s’interpellent dans un langage que notre chasseur comprend comme s’il s’agissait d’un langage humain. Un grand aigle vole au-dessus de lui ; bientôt, il en croise un second qui l’interpelle :
- D’où viens-tu donc, mon frère ?
- De Sourn-Dach (nom d’une montagne élevée qui signifie “pierre aiguë”). Ah ! il y a là un fameux troupeau de boucs, regarde, j’en ai déjà enlevé un !
Et voilà notre heureux chasseur renseigné. Il s’en alla tout droit dans la direction du Sourn-Dach et y tua un gros bouc. Dès ce moment-là, la chance l’accompagna : il apprit à connaître tous les repaires des animaux. Il commença à former un troupeau chez lui et ce nouveau métier lui porta bonheur. Il éleva surtout des moutons ; toujours par leur langage à eux, Ovchi-Perim apprenait où l’herbe était la plus tendre, où l’eau était la plus fraîche : les moutons engraissaient comme par enchantement et son troupeau s’augmentait de jour en jour ; il était maintenant plus riche que tous ses voisins.
Mais sa femme Tuti, malgré sa richesse, n’était pas encore satisfaite : elle mourait de curiosité. Pourquoi donc Ovchi-Perim avait-il eu tout à coup tant de chance ? Sans doute, s’était-il passé quelque chose d’extraordinaire. Elle suivait son mari sans cesse et partout où il allait, remarquait tout, l’interrogeait sur tout.
Un beau jour, notre chasseur, accompagné de sa femme, s’en alla rendre visite à des connaissances ; il était à cheval; mais selon la coutume du pays, sa femme voyageait sur un âne.
L’âne avançait avec peine : il laissait pendre ses oreilles, fermait les yeux, allongeait les lèvres et trébuchait à chaque instant.
- Mais bouge donc ! lui criait le cheval d’Ovchi-Perim. Ne dirait-on pas que tu vas crever ! Si tu continues à marcher de cette allure, nous ne serons pas arrivés à destination avant minuit !
- C’est bien facile, reprit l’âne, de trotter joyeusement comme tu le fais, quand on est bien repu, mais moi, je n’ai rien mangé depuis deux jours.
- Mais qu’as-tu donc fait toute la nuit, demanda le cheval, n’y avait-il pas de bardanes dans ton champ ? Ne pouvais-tu t’en rassasier et choisir les meilleures ?
- Tu en parles à ton aise, reprend l’âne. Crois-tu donc que je puisse choisir ? C’est très facile pour vous, les sots, de choisir, puis de manger, mais nous autres, nous réfléchissons tout d’abord. Comment peut-on choisir si, à la même place, ont poussé deux bardanes tout à fait pareilles. Voici déjà deux nuits que je me demande laquelle je dois manger en premier lieu ; l’une est bonne, l’autre n’est pas mauvaise, c’est là la question. Mais je n’en ai goûté aucune et voilà pourquoi je suis affamé aujourd’hui.
En entendant les paroles de l’âne, Ovchi-Perim éclata de rire. Sa femme, étonnée, lui demanda :
- De quoi peux-tu bien rire à t’en tenir les côtes !
- Parce que notre âne est un grand sot. Ecoute donc ce qu’il raconte…
- Comment donc peut-il parler ? Comment comprends-tu ce qu’il dit ? Eh ! voilà qui n’est pas très clair, tu me caches quelque chose. Eh bien parleras-tu ? De quelle manière as-tu pu comprendre ce qu’a dit l’âne au cheval ?
Notre chasseur fourra son chapeau dans sa bouche… mais il était trop tard, il en avait déjà trop dit ! Il essaya, mais en vain, de détourner la conversation. Sa femme insistait toujours.
- Je ne puis pas te raconter cela, dit-il enfin, car si je te dévoile ce secret, cette nuit-même les loups me dévoreront. Ne m’oblige pas à le faire, je t’en prie !
Niais la jolie Tuti n’en croyait rien ; elle s’entêta au contraire encore davantage:
- Raconte-moi tout, sinon je mourrai d’ici ce soir ; je ne puis souffrir que tu me caches quelque chose. Ah ! que je me sens mal, retournons vite à la maison… je veux mourir dans mon lit. N’as-tu donc pas pitié de moi ?
Puis elle commença à sangloter et se laissa tomber de son âne jusqu’à terre. Que faire ? Le pauvre mari fut pris de pitié pour elle ; à son tour, il se mit à pleurer et lui promit de tout lui dire une fois à la maison.
Notre chasseur ramena à grand’ peine sa femme défaillante ; il dut soutenir ses pas et la mettre au lit ; la jolie Tuti était tout simplement en train de mourir de curiosité.
- Dépêche-toi donc, raconte vite, sinon je meurs !
- Ah ! quelle fatalité, dit Ovchi-Perim. Permets-moi tout au moins de mettre mon cheval à l’étable. Je reviendrai immédiatement et te raconterai tout, que j’y perde ma tête ou non !
Il sortit dans la cour. Devant la porte, le grand chien étendu se cachait les yeux avec sa patte et pleurait lamentablement. Autour de lui, le coq se promenait et caquetait joyeusement avec ses poules ; il paraissait heureux, chantait, grattait le fumier.
Le dialogue suivant s’engagea bientôt entre le coq et le chien :
- Hé, qu’as-tu donc à pleurer, fils de chien ?
- Ah ! c’est que j’ai grand’ pitié de notre pauvre maître. Sa femme va lui arracher un secret et s’il le lui dévoile, il sera dévoré par les loups cette nuit-même. Mais il est sans énergie et ne peut rien lui refuser !
- A mon avis, reprend le coq, personne ne devrait avoir pitié de lui ; il est tout simplement un grand sot : il n’a qu’une seule femme et n’arrive même pas à la soumettre à sa volonté. Regarde ! moi j’en ai douze ; elles se promènent où je veux et c’est moi qui les gouverne toutes : que l’une d’elles se permette de me contredire, je la saisis par la crête et elle devient molle comme de l’étoffe ! Si notre maître était un homme intelligent, il prendrait un bâton et se mettrait à battre sa Tuti comme elle le mérite ; cela lui serait salutaire : elle ne ferait plus de folies et lui deviendrait un véritable mari, maître chez lui, et… il n’aurait plus à craindre les loups.
Ovchi-Perim avait entendu toute la conversation que venaient d’échanger le coq et le chien. Il se plongea dans de tristes réflexions :
- Ah ! se disait-il, cela lui est bien facile de se faire obéir à Monsieur le coq ! Il a douze femmes, mais moi, je n’en ai qu’une et je l’aime de tout mon cœur. Comment donc pourrais-je lever un bâton sur elle ? Comment pourrais-je lui refuser quelque chose ? Dieu m’en garde!
Il revint auprès de sa femme et lui raconta tout ce qu’elle avait voulu savoir.
- Ce n’est que cela, dit-elle après avoir entendu le récit de son mari. Je pensais que tu avais quelque chose de plus extraordinaire à me dévoiler. Quel beau profit pour moi que tu comprennes ce que disent les chiens et les ânes ! Et maintenant, les loups vont s’attrouper et te chercher ! Sors de la maison et fuis n’importe où, car je mourrai certainement de peur s’ils viennent ici !
Le malheureux chasseur fit ses adieux à sa femme, sortit de la maison et s’en alla au hasard. La nuit tombait ; il atteignit les pâturages où paissent les moutons en été quand l’herbe de la vallée commence à se faire rare. Il aperçut bientôt une tente dressée ; en dehors de la tente, près du foyer, un très vieux berger était assis ; selon la coutume, il avait en mains un long bâton, terminé en forme de crochet et il était entouré de douze chiens, de ces fameux chiens de berger, complètement blancs, au poil ras ; leur corps maigre; sillonné de veines, atteignait un homme à hauteur de taille. C’étaient de véritables chiens d’Altin-I-Tliar, pur sang.
- Salut à toi, mon père, dit Ovchi-Perim au vieux berger.
- Salut à toi, mon petit fils. Que ton chemin soit facile ! Où vas-tu ? Pourquoi es-tu en route ?
Ovchi-Perim lui raconta son malheur. Le vieux branla la tête :
- Ah ! tu as eu grand tort d’obéir à ta femme, tu es très coupable, mais peut-être Dieu te sera-t-il miséricordieux. Approche-toi du feu ; mes chiens te garderont et ne t’abandonneront pas quand les loups viendront, car chacun d’eux est assez fort pour combattre mille d’entre eux.
La nuit descendait et l’obscurité devenait effrayante. Bientôt, les loups commencèrent à hurler dans le lointain. Une seule voix retentit tout d’abord, à laquelle des centaines d’autres répondirent. A chaque minute, les hurlements se rapprochent ; déjà Ovchi Perim distingue les yeux des loups, qui luisent comme des charbons ardents dans l’obscurité, aussi nombreux que les étoiles du ciel. Toujours plus près et dé tous côtés, la horde s’avance ; notre pauvre chasseur croit entendre le grincement de leurs dents acérées. Tout à coup, tous ensemble, ils font mine de se jeter sur Ovchi-Perim. Peine perdue ! les chiens du berger se sont dressés comme un rempart autour de lui. Une lutte terrible s’engagea alors ; chacun des douze chiens combattit à lui seul mille loups. Vers minuit déjà, un tas de cadavres s’élevait autour du feu ; plus d’un millier d’adversaires avaient été déchirés par les braves chiens du berger. Mais ceux qui restent sont encore dix fois plus nombreux et l’horrible carnage se prolongea jusqu’à l’aube. Les chiens commencèrent à faiblir. Le premier tomba : en un clin d’œil, il n’en resta plus un seul poil. Un second, puis un troisième s’abattirent ; alors les loups prirent le dessus et parvinrent jusqu’au malheureux chasseur qui fut déchiré en petits morceaux, dont le plus grand fut son oreille gauche.

Trois pommes sont tombées du ciel :
La première est pour moi, le conteur ; la seconde est pour vous, lecteur, et la troisième, nous la donnerons à un cochon, afin qu’elle ne soit pas prise par cette misérable Tuti, qui fut cause de la mort si affreuse de notre pauvre chasseur Ovchi-Perim !


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05 mai 2012

Je décide


Image et citation du… dimanche !
 
Mignonne

De tous les problèmes qui nous embrouillent, celui du destin et du libre arbitre est le plus obscur. Quoi ? la chose est écrite à l’avance et nous pouvons l’écrire, nous pouvons en changer la fin ? La vérité est différente. Le temps n’est pas. Il est notre pliure. Ce que nous croyons exécuter à la suite, s’exécute d’un bloc. Le temps nous le dévide. Notre œuvre est déjà faite. Il ne nous reste pas moins à la découvrir. C’est cette participation passive qui étonne. Et il y a de quoi. Elle laisse le public incrédule. Je décide et je ne décide pas. J’obéis et je dirige. C’est un grand mystère.

Jean Cocteau — La difficulté d’être


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Pour le plaisir


Un petit ver de… rien du tout !
 
Mignonne

Dans un coin de la basse-cour, une poule blanche grassouillette et une poule brune bien dodue somnolent paisiblement sous le soleil d’hiver, bercées par le caquètement des autres habitants du lieu.
- Dis, tu as pondu combien d’œufs aujourd’hui ? demande la poule brune à la poule blanche
- Un seul, répond la poule blanche. Et toi ?
- Zéro !
- Aïe, la fermière ne va pas aimer !
- Je sais, soupire la poule brune.
Et les deux poules bien en chair se rendorment indifférentes au bruit qui les entoure.
- Dis, elle passe quand la fermière avec le grain ? demande la poule blanche à la poule brune.
- Oh ! Pas avant une heure, répond la poule brune. Pourquoi ?
- J’ai faim !
- Hou la la ! Ça va être long !
- Je sais, soupire la poule blanche.
Et les deux poules potelées suivent passivement les jeux animés des poussins.
Soudain, la poule blanche sent un chatouillis sur une de ses pattes.
- Oh ! Un ver de terre ! s’exclame-t-elle
- Ah oui ? Où ça ? demande la poule brune
- Là, près de ma patte droite.
 - Il est tout petit, remarque sa compagne.
- Oui, c’est vrai. Tu crois qu’il est comestible ? Il est si petit…
- Si tu ne le veux pas, donne le moi. Je le goberais bien volontiers.
- Ah non ! Il est à moi, s’exclame la poule blanche.
La poule blanche avance son cou, observe longuement le petit ver inconscient, puis se redresse en secouant la tête :
- Non, tout compte fait, je te le laisse. Il est bien trop petit, dit-elle avec dédain.
- Es-tu sûre ? Tu n’en veux pas ? interroge la poule brune.
- Je préfère attendre la fermière et son maïs.
- Comme tu veux…
La poule brune se penche alors pour picorer l’imprudent mais se ravise au dernier moment :
- Non je te le laisse, dit-elle. Tu l’as vu la première, il est à toi.
- Sans façon, répond la poule blanche. Vas-y. Je n’ai pas aussi faim que cela. Je peux bien attendre la fermière.
- Hum ! C’est si bon les vers de terre, gazouille la poule brune.
Soudain, conscient du danger, le tout petit ver de terre entame une course désespérée pour se sortir de ce mauvais pas. Et alors que la poule brune se décide enfin à saisir le tout petit ver affolé, un poussin intrépide surgit d’entre les deux poules replètes et avale le tout petit ver sans autre forme de procès !


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03 mai 2012

Entre les deux ?


Gauche Vs. droite et… vice versa !

Politique

Voilà encore un truc
qui est simple et compliqué à la fois :
la gauche et la droite.
Dès qu′on monte sur un vélo ou une mob,
tout le monde vous recommande
de bien tenir votre droite.
Mais dès qu′on est en âge de voter,
ce n′est plus le même tabac.
Les uns vous tirent à gauche,
les autres à droite.
De quoi perdre le nord et l′équilibre.
Et vous casser la g… !

Ah ! la gauche et la droite.
En voilà deux sœurs ennemies.
C′est comme le vice et la vertu,
le recto et le verso, le vice versa…
Deux sœurs ennemies, mais…
qui ne peuvent se passer l′une de l′autre.
Sans l′une, l′autre n′existerait pas.
Et inversement !
Pensez donc, chacune représente… enfin,
je devrais dire, est sensée représenter
deux mondes complètement différents.
Ou qui ne voudraient pas se connaître,
ne pas avoir à se fréquenter.
Hé ! Vous voyez souvent des patrons
inviter leurs ouvriers à leur golf,
ou leurs domestiques à leur table ?
Eh bien, là, c′est pareil.

Les gens de gauche, c′est le petit peuple,
les salaires-minimum-de-misère-garanti,
les tire-le-diable-par-la-queue,
les fins-de-mois-chaque-semaine…
Bref, ceux qui n′en ont pas
et qui voudraient en avoir.
Et qui espèrent plus du hasard du loto
que des promesses de promo…
Parce que ?… Parce que ?…
Parce qu′ils sont trop gauches
pour être adroits.
En tout cas, pas assez adroits
pour trouver le filon.

Tandis que les gens de droite
sont trop adroits pour être gauches.
Il y a belle lurette, Lorette,
qu′ils l′ont le filon, Gaston,
pour faire de l′or avec du plomb.
Et même avec du vent.
Ils ont tout juste besoin
d′un peu de main d′œuvre à bon marché.
Ce n′est pas ça qui manque.
Et le tour est joué.
Il ne faut pas se tuer soi-même au boulot,
mais faire suer le burnous des autres.
C′est la clé de la réussite,
l′abc du milliardaire.
Bref, les gens de droite,
c′est ceux qui en ont,
qui ont déjà tout, ou presque,
et qui en veulent davantage.
Et qui n′ont pas du tout, mais pas du tout,
envie de partager quoi que ce soit,
avec qui que ce soit.

Alors que les gens de gauche, généreux,
sont tout à fait enclins à partager…
ce qu′ils n′ont pas !… En principe.
Car certains n′hésitent pas
à nous faire croire, une main sur le cœur,
mais l′autre sur le portefeuille,
qu′ils ont le cœur sur la main.
Ceux-là, ils ont aussi, bien souvent,
les bouteilles de champ′ au frais
et le caviar sur la table !
Il faut dire que ces gens-là sont plutôt
fils de cadres sup, nés dans le beurre,
que fils d′ouvriers nés dans les cités.
Et qu′ils ont aussi plus fréquenté‚
l′ENA (l′Ecole nationale d′adsinistration)
que les bancs de l′école communale.
Mais que voulez-vous, c′est humain,
quand il n′y a plus de fauteuil à droite,
là où bien caler ses arrières,
on se trouve un siège à gauche.
Ou une petite niche écologique,
comme disent les amoureux de la nature,
qui protègent toutes les espèces,
y compris les grands carnassiers…

Vous sentez toute la différence
entre la gauche et la droite ?
Ceci dit, un type de droite
peut habiter rive gauche, ou vice versa,
sans avoir à retourner sa veste.
Ou bien un pékin de gauche
devenir le bras droit de son patron,
sans devenir manchot, pour autant !

Mais ce qui m′a toujours étonné,
avec le nombre de petits-pas-grand-chose
par rapport aux gros-riches-importants,
c′est que les pays où on a le droit de vote,
donc, en principe, les démocraties,
ne virent pas, en masse, à gauche toute…
Mais, en fait, au fur et à mesure
que les gens prennent de la bouteille
(et de la brioche !), ils s′embourgeoisent
dans leur petit appart′ douillet
de leur "Résidence du parc"
ou dans leur pavillon "Mon rêve".
Et ils s′y croient… Ils s′y croient…
Arrivés… Arrivés à être capitalistes
puisque enfin proprios.
Et alors, en toute logique,
pour protéger leur patrimoine,
ils se sentent obligés de glisser
du côté de ceux qui en ont.
Et pour un peu qu′ils aient, en plus,
réussi à mettre du fric à gauche
sur un petit "plan d′épargne actions"
à la Caisse du casse-noisettes,
alors là, je ne vous raconte pas,
ils se voient en capitaine d′industrie.
Et quand ils se retrouvent devant l′urne,
ça ne fait pas un pli, et en moins de deux,
ça fait une voix… pour la droite.

Et c′est comme ça qu′une minorité,
au filet déjà bien garni,
a souvent la direction de la boutique.
La politique, il ne faut pas rêver,
c′est ni plus ni moins un fonds de commerce.
Et sûrement vachement rentable.
Parce qu′il y a du monde à se bousculer
au portillon des grandes sélections.
Surtout des sélections nationales.
C′est la concurrence sauvage.
Tous les coups sont permis, y compris
les coups bas dans les partis.
Hé ! Il y va de sacrées carrières.
La politique, c′est quand même
une branche toujours pleine d′avenir,
avec un matériau qui ne vieillit pas :
l′espoir du petit peuple.
Et comme d′autres, en d′autres temps,
les fils dits de bonne famille,
entraient dans les ordres,
eux rentrent dans le désordre.
Car, c′est aussi la grande pagaille.

Gauche-droite… Gauche-droite…
Quand les uns tirent à hue,
les autres tirent à dia.
Vous parlez d′un drôle d′attelage.
Imaginez donc un peu une entreprise
qui marcherait comme ça.
Une direction à deux têtes chercheuses.
Chercheuses de direction à prendre.
Un coup à gauche… Un coup à droite…
Elle irait direct à la faillite, oui.
Eh bien, c′est pourtant comme ça
qu′on dirige un pays, chez nous.
Et c′est nous qu′on paye…
les conneries !

Via Prêts-textes à rire.


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01 mai 2012

Faites du vrai travail !


Aujourd′hui 1er mai… faites du (vrai travail) muguet !
 

Muguet
 

Trouvé sur le Blog de Coco il y a plus de deux ans !


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29 avril 2012

À croquer


Image et citation du… dimanche !
 
Mignonne


Les amis de nos amis sont nos amis. — Le chevalier du Bran d’Enhaut avait sauvé la vie à un petit avocat au parlement de Normandie. Quand vint la Terreur, cet avocat plein de gratitude le recommanda à un savetier, qui le recommanda à un vidangeur, qui le recommanda à un bénédictin défroqué, qui le recommanda à Catherine Théot la prophétesse, qui le recommanda à Robespierre qui lui fit couper la tête. Un bienfait n’est jamais perdu.

Léon Bloy — Exégèse des lieux communs


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28 avril 2012

Vite dit !


À dire très… rapidement !
 
Chaussettes

Les chaussettes de l’archiduchesse sont elles sèches, archi-sèches ?


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26 avril 2012

Le moustique


Ce qui est… comique !
 
Balance

Savez-vous ce qui est comique ? une oie qui joue de la musique, un pou qui parle du Mexique, un bœuf retournant l′as de pique, un clown qui n′est pas dans un cirque, un âne chantant un cantique, un loir champion olympique ? Mais  ce qui est le plus comique, c′est d′entendre un petit moustique répéter son arithmétique.

Maurice Carême — Plus sur WikiPedia ou chez Maurice.


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24 avril 2012

En cage


Pour faire le… portrait d′un oiseau !
 
Oiseau

Peindre d′abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d′utile
pour l′oiseau

Placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l′arbre
sans rien dire
sans bouger…

Parfois l′oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider

Ne pas se décourager
attendre
attendre s′il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l′arrivée
de l′oiseau n′ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau

Quand l′oiseau arrive
s′il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l′oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un les barreaux
et ayant soin de ne toucher aucune des plumes del′oiseau
faire ensuite le portrait de l′arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l′oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l′herbe dans la chaleur de l′été
et puis attendre que l′oiseau se décide à chanter

Si l′oiseau ne chante pas
c′est mauvais signe
mais s′il chante c′est bon signe
signe que vous pouvez signer
alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l′oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Un poème de Jaques Prévert  à Elsa Henrique


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22 avril 2012

Élections


Image et citation du… dimanche !
 
Mignonne

Les six millions de voix refroidirent Pécuchet à l’encontre du Peuple, et Bouvard et lui étudièrent la question du suffrage universel.
Appartenant à tout le monde, il ne peut avoir d’intelligence. Un ambitieux le mènera toujours, les autres obéiront comme un troupeau, les électeurs n’étant pas même contraints de savoir lire : c’est pourquoi, suivant Pécuchet, il y avait eu tant de fraudes dans l’élection présidentielle.
“Aucune, reprit Bouvard : je crois plutôt à la sottise du Peuple. Pense à tous ceux qui achètent la Revalescière, la pommade Dupuytren, l’eau des châtelaines, etc. Ces nigauds forment la masse électorale, et nous subissons leur volonté. Pourquoi ne peut-on se faire, avec des lapins, trois mille livres de rente ? C’est qu’une agglomération trop nombreuse est une cause de mort. De même, par le fait seul de la foule, les germes de bêtise qu’elle contient se développent et il en résulte des effets incalculables.
— Ton scepticisme m’épouvante !” dit Pécuchet.

Gustave Flaubert —  Bouvard et Pécuchet

Et aussi

La démocratie ne régnera que le jour où mille cul-de-jatte persuaderont le reste des hommes de se couper les jambes. Car c’est au profit d’un petit nombre qu’elle tend, — d’un vilain petit nombre.

Paul-Jean Toulet — Le carnet de monsieur du Paur


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21 avril 2012

Méli les mots


Une salade… d′inversions !
 
Lire

Un bon gâteau en papier avec une affiche au chocolat noir
Une boisson au savon avec une bulle à la vanille
Un délicieux yaourt de plastique avec un collier aux fruits exotiques
Une soupe de diamants avec une bague aux légumes blancs
Et une petite tartine à encre avec un stylo rouge de confiture

Mais attention à l′indigestion.
Consommez ces aliments avec modération !

Un oiseau de pierre avec un pont de plumes
Un léopard à chiffres romains avec une horloge à peau tachée
Un poulet à pois secs avec un caleçon à gros bec
Et un gros chien en laine fine avec une large chemise de garde

Mais attention,si vous rencontrez ces animaux rigolos
Ne vous en approchez pas trop !

Un magnifique foulard à aiguilles avec un arbre à résille
Un vieux gilet à réaction avec un avion en pur coton
une jupe à billes avec un pistolet à carreaux
Et un tee-shirt d′écriture avec un cahier à la mode de chez nous

Mais heureusement , si vous voyez des enfants
Dans cet accoutrement
C′est donc le début du printemps

Alors, voulez-vous goûter à notre salade ?
Si oui, bon appétit !

Péché sur une page web d′un site d'école primaire.


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