Cauchemars… prémonitoires !
 
Cauchemards

Nous sommes le 15 juillet 1981. John Stark est un homme pauvre, il vit dans une maisonnette en carton à côté d’une décharge. D’autres de ses amis sont installés près de lui. Un soir, se promenant dans le coin, Stark aperçoit un objet à demi enterré. Une petite main avec les doigts longs et fins qui tient une boule transparente. La couleur est ternie et l’apparence diabolique. Plus tard, il rentre, se couche et s’endort. Dans la nuit, la boule accrochée à la main se met à briller, une espèce de champ magnétique vert se propage dans son logis. Soudain, le champ s’introduit dans le crâne de John. Celui-ci sursaute mais ne se réveille pas. Deux heures après, un cauchemar commence.

James Iha a vingt-cinq ans. Il est célibataire, sans histoire. Il travaille dans une compagnie d’assainissement des égouts. Un après-midi, il est appelé pour enlever un énorme objet qui bouche la circulation de l’eau. Avec un collègue et un camion, ils s’en vont. Arrivés sur les lieux, ils soulèvent la dalle de métal qui bloque l’entrée. James prend dans le camion une espèce de grosse ventouse pour aspirer l’objet. Il descend tranquillement les marches avec le gros tuyau.
James regarde son appareil qui lui indique l’emplacement de l’objet avant de descendre dans les eaux. À peine a-t-il plongé qu’il est attaqué par quelque chose qui bouge dans tous les sens. Son coéquipier l’entend et dévale les escaliers. Son copain lui tend la main mais James ne peut pas l’attraper, il est secoué dans tous les sens. La chose s’en va et le martyr remonte, choqué et blessé. Il est emmené d’urgence à l’hôpital où il est soigné.
La police commence à s’interroger car ce n’est pas la première fois que ce genre d’incident se produit. Deux policiers chargés de l’affaire entrent dans la chambre et le médecin présent leur montre des marques dans le dos de James. Les morsures sont examinées et ne coïncident pas avec les marques d’une dentition humaine. Les dents sont mauvaises, longues et pointues. Les inspecteurs posent des questions à Monsieur Iha mais celui-ci ne répond pas. Ils repartent sans indices mais reçoivent un appel indiquant qu’un être est repéré dans un bassin de la station des égouts. À travers un hublot, les enquêteurs aperçoivent un monstre. Son crâne a l’air déformé, comme sa mâchoire.

Chez lui, James Iha est mal. Soudain, des nausées apparaissent. James vomit une espèce de larve gélatineuse bleue. Celle-ci est morte et l’homme meurt aussitôt. Une amie découvre le corps et appelle la police. Les deux inspecteurs examinent la chose trouvée. L’amie est interrogée, mais elle ne sait rien.
Tout d’un coup, l’un des deux hommes se lève et dit :
“Ça y est, j’ai compris !
— Quoi ?
— Tu sais, cette espèce de larve, c’est les petits de la chose de la station.
— Là, je ne te suis pas ?
— Mais si, c’est simple. Tu te souviens, un homme avait déjà été victime de l’humanoïde, il avait exactement les mêmes morsures et travaillait dans une compagnie d’égouts.
— D’accord, mais on n’a jamais retrouvé de larve ?
— Oui, mais elle devait être vivante, elle a dû sûrement rejoindre les égouts pour continuer à grandir avec la chose.
— Mais alors, pourquoi se sert-elle de nous ?
— Elle veut qu’on lui serve de mère porteuse. Elle nous mord, nous introduit son petit et une fois que celui-ci peut naître, il ressort et rejoint les égouts.”
Pendant qu’un policier reste à la maison du défunt, l’autre retourne à la station où l’humanoïde s’est échappé. Tous les bassins sont vérifiés mais personne.
Cinq ans plus tard, la chose avait disparu, plus d’agression dans les égouts. Où l’être est-il parti ? Qu’est-il devenu ? Mystère !

John Stark se réveille en sueur. La boule brille mais il ne s’en rend pas compte car elle est dans sa poche. Quatre jours plus tard, il regarde le journal du matin et lit :
Agression dans les égouts.
Il tourne les pages et lit qu’un homme, James Iha, a été agressé dans les égouts par quelque chose… L’article résume exactement son rêve. Stark marche jusqu’au soir, et repense à tout ça. Il s’endort péniblement et fait un autre cauchemar.

Nous sommes le 17 juillet 1986 en Égypte. Douze personnes entrent dans la pyramide de Khéops pour la piller. Soudain, la porte se referme derrière eux. Les pilleurs se retournent et essaient de rouvrir la porte, mais en vain. Les douze hommes sont prisonniers. Ils se séparent en trois groupes de quatre et partent à la recherche de la chambre principale. L’un des trois groupes la trouve, mais les deux autres se sont égarés. C’est une petite chambre avec un tombeau au milieu, orné d’or et de diamants. Sur les murs, une immense quantité de hiéroglyphes est inscrite. Un des trois hommes aperçoit une espèce de manivelle sur les parois du tombeau. Le plus fort du groupe la tire et la dalle qui recouvre la tombe s’ouvre. Dedans, il y a la momie de Khéops et beaucoup de bijoux. L’un d’eux émerveillé par la splendeur du spectacle se jette dessus et commence à mettre le trésor dans son sac.
Soudain, la momie se réveille, elle est sèche, maigre, les yeux enfoncés et le crâne fracturé. Elle prend un membre du groupe, lui casse la nuque, lui arrache un bras et le met à la place du sien. Tous les membres du petit groupe sont déchiquetés de partout. La momie poursuit son chemin à travers la pyramide pour trouver les autres membres du groupe. Ils sont tous tués et chaque personne est mutilée. La momie retourne dans son tombeau avec le sentiment de s’être vengée de ceux qui l’avaient tuée à son époque.
Les autorités égyptiennes découvrent le massacre. Les policiers surpris par le carnage cherchent d’éventuels indices. Mais sans aucun résultat. Que s’est-il passé ? Mystère !

John Stark se réveille en sursaut. La boule est tombée de sa poche. Il s’aperçoit qu’elle brille et que c’est elle qui lui provoque ces cauchemars prémonitoires. Trois jours après, la nouvelle du massacre de la pyramide est annoncée dans le journal. Stark, se doutant que personne ne le croira s’il raconte ses rêves, jette la boule au fond d’un lac. Sa vie est toujours pareille, mais maintenant, il dort un peu mieux.

Thomas et Grégory, via Passion lettres.