Faut-il en rire ?

Chirac à la télé des Guignols On pensera ce qu’on veut de Jacques Chirac, mais le bonhomme a de l’humour.
Et du métier.
La preuve : mercredi dernier, il annonce, du bout des lèvres, qu’il soutiendra Nicolas Sarkozy.
Service minimum. Minimorum même.
Moins d’une heure plus tard, tous les journalistes recevaient sur leur bureau deux ouvrages signés Chirac, Mon combat pour la France et Mon combat pour la paix, dont l’essentiel du contenu est en désaccord radical avec toutes les idées que défend Nicolas Sarkozy.
Comme aurait dit le regretté Michel Audiard, “ j’critique pas le côté farce, mais question fair play, y’aurait à redire ! ”.

Autre moment de franche rigolade, l’autre matin sur une grande radio périphérique.
L’éditorialiste de la station, sondages en main, explique que “ la campagne de François Bayrou patine ”.
Quelques minutes plus tard, un invité dont le nom m’échappe, brise la glace, si l’on ose dire, et balance : “ si d’un candidat qui passe de 6% à 21% dans les sondages l’on dit qu’il patine, alors c’est du patinage artistique ” !
Bien vu. Bayrou, c’est du Brian Joubert pur jus. Champion du monde le Béarnais !
En quelques semaines, celui qui se pose en héraut du rassemblement a réussi le tour de force de rassembler tout le monde… contre lui.
Sarko et Ségo même combat : tout sauf Bayrou !

En attendant, notre scénario du mouchoir de poche reste valide.
Royal tient bon, malgré toutes les vacheries.
Bayrou s’accroche.
Sarkozy s’érode un peu.
Le Pen grignote du terrain.

Dans quelques jours, les petits candidats auront droit – enfin ! – à la télévision.
Et là, de nouveau, tout est possible.

Je ne fais que faire suivre un article que j’aime bien de :
Laurent Neumann, directeur de la rédaction de Marianne.
23 mars 2007